Pourquoi le rapport Drummond sur la réforme des services publics de l’Ontario représente-t-il des opportunités à saisir par la communauté francophone

Pourquoi le rapport Drummond sur la réforme des services publics de l’Ontario représente-t-il des opportunités à saisir par la communauté francophone.

Soins de santé : fonctionnement actuel et fonctionnement idéal à l’avenir

Le système de santé du Canada et celui de l’Ontario ont été constitués pour dispenser des soins actifs et c’est ce qu’ils font encore aujourd’hui en grande partie. Leur objectif premier est de remettre sur pied les personnes après qu’un problème de santé s’est manifesté au lieu d’adopter une approche plus globale qui pourrait prévenir les problèmes ou, à tout le moins, en atténuer les effets. En outre, le système est conçu pour que ce soit le patient qui vienne vers le praticien, souvent dans un milieu hospitalier. Le régime d’assurance-santé paie les factures des médecins et des hôpitaux, mais pour très peu d’autres choses.

Aujourd’hui, cependant, les grands enjeux de santé concernent de plus en plus les questions de soins chroniques, en bonne partie parce que la population vieillit, mais aussi parce que certains problèmes liés au mode de vie, comme l’obésité, créent des affections particulières comme l’apparition du diabète de type 2 à l’âge adulte. Dans la plupart des cas de maladies chroniques, les soins à domicile sont plus efficients et de meilleure qualité. Pourtant, il n’y a eu aucune approche intergouvernementale nationale en matière de soins à domicile depuis les discussions fédérales-provinciales sur l’accord de la santé de 2004. Il n’y a pas eu non plus d’approche nationale sur la question connexe des soins de longue durée en établissement pour les personnes âgées, même si c’est là que les pressions s’exercent actuellement et continueront à se faire sentir à l’avenir. Cependant, il y a eu quelques initiatives provinciales. La stratégie ontarienne Vieillir chez soi, lancée en 2007, fournit des services aux personnes âgées et aux fournisseurs de soins pour permettre aux personnes âgées de demeurer chez elles. L’OCDE prévoit que les coûts publics et privés totaux des soins de longue durée vont plus que doubler, passant d’un taux estimé à 1,4 % du PIB en 2006 à 3,3 % d’ici 2050.

Quelle est l’occasion qui s’offre à nous?

Le système de santé idéal mettrait davantage l’accent sur la prévention. Il serait centré sur le patient et assurerait la coordination tout au long du continuum de soins dont un patient pourrait avoir besoin. Les soins primaires seraient le principal point de contact avec les patients, la majeure partie de la coordination des soins se faisant par l’entremise des autorités de santé régionales. On mettrait moins l’accent sur le traitement des patients dans les hôpitaux, qui est coûteux et expose les gens à des maladies contagieuses et contribue peu à la satisfaction des patients. Dans une bien plus grande mesure, les soins seraient fournis dans des établissements de soins primaires et, dans le cas des problèmes de santé chroniques, à la maison ou dans les établissements de soins de longue durée grâce à une meilleure information. Le système permettrait à tous les professionnels de mettre à contribution la pleine étendue de leurs compétences dans leur travail; le personnel infirmier, par exemple, ferait ce qu’il peut faire avec compétence, comme administrer les vaccins, et les infirmières praticiennes pourraient fournir une gestion de grande qualité des maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension.

Dans ce système idéal, les modes de paiement et la collecte d’information seraient alignés pour soutenir la notion de soins centrés sur les patients. La rétribution des services hospitaliers et des médecins serait plus étroitement liée aux résultats pour la santé plutôt qu’aux intrants ou aux services. Des données seraient recueillies sur le coût total réel des soins d’un patient plutôt que sur des portions séparées du système comme c’est le cas actuellement. Même là, les données courantes sont fondées sur les taux de remboursement du gouvernement plutôt que sur les coûts réels.

Extrait du rapport, chapitre 5 : La santé, pp 166-167. Télécharger le chapitre 5

http://www.fin.gov.on.ca/fr/reformcommission/chapters/ch5.html