L’accès aux données linguistiques

La recherche en santé des populations consiste à étudier et documenter l'impact de divers déterminants sur la santé. Ces déterminants sont nombreux, et les chercheurs sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) s'intéressent plus particulièrement à l'impact que peut avoir sur la santé le fait de parler une langue officielle minoritaire. Des recherches de ce type requièrent, au strict minimum, la possibilité d'associer les données de santé disponibles à des variables linguistiques de qualité. Malheureusement, le plus grand ensemble de bases de données de santé en Ontario, hébergé à ICES (Institute for Clinical Evaluative Sciences), n'inclut pas à ce jour de variable linguistique, ce qui ne permet donc pas de mener des études satisfaisantes sur la population francophone de l’Ontario.

Dans cet article, nous avons étudié la possibilité d'apparier les données d'ICES avec les variables linguistiques issues du recensement de 2006 par Statistique Canada. Un transfert permanent des variables linguistiques de Statistique Canada vers ICES n'est malheureusement pas envisageable, pas plus que la copie de l'ensemble des données d'ICES vers Statistique Canada (bien que la copie de certaines données ait été rendue possible dans le cadre de l'initiative sur les données longitudinales administratives et sur la santé (DLAS)). Il faut donc envisager d’autres techniques, qui sont exposées dans cet article.

Casteigts A, Chomienne M, Bouchard L, and Jourdan G. Differential privacy in tripartite interaction: A case study with linguistic minorities in Canada. In Proc. of 7th International Workshop on Data Privacy Management (DPM'12), volume 7731 of Lecture Notes in Computer Science, pages 75-88. Springer-Verlag, 2012